Skip to main content

Sous les étoiles du lac de Matemale : entre beauté céleste et réalité lumineuse

Il est 3h00 du matin lorsque nous arrivons au bord du lac de Matemale.

Deuxième partie d’une session nocturne déjà bien engagée, après un premier acte dans les ruines du château d’Évol. Nous sommes tous les trois et avons encore un peu d’énergie, suffisamment pour tenter de capturer l’essence d’un ciel de printemps au cœur du Parc naturel régional des Pyrénées catalanes.

La nuit est sombre, sans Lune, propice à la contemplation et à la photographie. Pourtant, dès nos premiers repérages, une évidence s’impose : la station des Angles continue d’irradier, bien au-delà de l’heure limite d’extinction fixée par bon nombre de communes voisines. Ce n’est pas une surprise. Le sujet avait été évoqué lors de notre dernière réunion COPIL avec la RICE (Réserve Internationale de Ciel Étoilé). Les raisons sont toujours les mêmes : une croyance tenace selon laquelle la lumière continue de dissuader les cambriolages. Ironiquement, elle éclaire surtout des habitations vides et compromet un patrimoine bien plus fragile – notre ciel nocturne.

Ce halo artificiel n’est pas qu’un désagrément pour les astronomes ou les photographes.

Il est un véritable fléau pour l’écosystème : dérèglement des cycles biologiques, carnage insectoïde silencieux, fragmentation de la nuit pour les espèces nocturnes… Heureusement, les consciences évoluent, doucement mais sûrement. De nouveaux dispositifs sont à l’étude pour allier sécurité et respect du vivant. Une lumière mieux pensée, moins omniprésente, plus juste.

Malgré tout, cette nuit restera gravée.

Le ciel, bien qu’entaché par endroits, offre encore de magnifiques perspectives. Quelques reflets d’étoiles dans les eaux calmes du lac, des traînées subtiles dans une atmosphère cristalline, et ce silence — épais, enveloppant — qui fait de chaque déclenchement un instant suspendu.

Il est bientôt 4h. L’appareil chauffe, les batteries s’épuisent, et nous aussi. La fatigue s’invite sans détour, lourde mais douce. Nous laissons les étoiles poursuivre leur course sans nous, et regagnons le monde des rêves, le capteur encore imprégné de la voûte céleste. Ces sessions sont pour nous plus que des prises de vue : elles sont des témoignages. De ce que nous voyons. De ce que nous perdons. Et de ce que nous espérons préserver.

Photographes

jerome-sartre

Jérôme Sartre

fred-fouche

Frédéric Fouché

lionel-faliu

Lionel Faliu


Lac de Matemale avec Astrophotographes

Le mot de Lionel

Au-delà de la photo, Matemale a pour moi une résonance toute particulière. C’est un lieu que j’aime profondément, en toutes saisons. En été comme en hiver, j’y viens seul pour me recentrer, en famille pour partager, entre amis pour profiter. C’est mon coin à champignons, mon spot de tournage pour présenter les produits de Stone Snowboards, c’est un de ces endroits rares où l’on respire mieux. Un bout de nature qui m’apaise et m’ancre. Un coin où, si je le pouvais, je poserais volontiers mes valises pour de bon.